Les yeux de la mer

J’ai vu dans les yeux de la mer
La solitude mille fois roulée
De vague en vague
Ecume brisée, embruns projetés
J’ai vu dans les yeux de la mer
Moi me regarder
Aller et venir
M’allonger sur les galets
J’ai vu dans les yeux de la mer
Au large le ciel s’émietter
Le soleil se promener
Les nuages naviguer
Au large le ciel s’émietter
Le soleil se promener
Les nuages naviguer
J’ai senti dans le creux de la mer
Le monde noyé
Agité, étouffé
J’ai senti dans le creux de la mer
L’eau m’envelopper
Les courants me chatouiller
L’eau m’envelopper
Les courants me chatouiller
J’ai entendu dans le fond de la mer
Prières et complaintes échouées
Sable pleurer
Galets se lamenter
J’ai vu dans le fond de la mer
Les courants s’agiter
Sans sens trouver
Les courants s’agiter
Sans sens trouver
J’ai senti dans le fond de la mer
Des mains m’effleurer
Des regards déroutés
Des abîmes se creuser
Le vide a envahi le plein
La mer s’en est allée
Avec elle le monde s’est retiré
Plus rien
Plus personne
Seul et moi-même j’étais.
Non Non Non
Dans mes yeux mouillés
J’ai vu que la pierre était restée.
Plus de parole… juste encore un petit souffle léger
Pour à moi-même me dire comme un écho du fond du temps
Qu’il fallait recommencer une prière
A qui, pour qui ?
La prière de celui qui ne voit plus la mer, le monde
La prière de celui qui reste en compagnie des galets
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