Dormir
Dormir, fleurs de rêves
Couche epaise, et réves de douceur
Evadé des soupirailles de nos émois
Palpé, roulé, les peaux incrustées
De parôles ballafrées,
Par des mâchoires pétrifiées
Par un accent modulé, étiré, froissé
De draps enchevetrés.
Le temps ailleurs, ailleurs est le temps
Dans l'espace déformé, les aiguilles tournent à leurs guises
Eguisées comme des sabres, elles viennent parfois déchirer
Des rêves insolents, osés dans le creux de nos songes
Honteux le corps éveillé
Dormir, la mémoire déraillée
Les ennemis enlassés
L'impossible à nos pieds
Le film des vies séquencées
Dans des sens insensés
Dormir, comme la brosse écolier
Qui vient effacer le tableau
Et le noir laisser
Dormir comme une absence
Suivi d'une renaissance
Toujours en alternance
Dormir, et partir à jamais
Le rêve éveillé de plusieurs milliers
Dormir contre vent et marée
Dormir pour guerrir chaque jour
Dormir dans le bruit et le silence
Dormir comme une offrande
Que les dieux aurais laissé
Pour que la vie on puisse réver.
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