Première journée

Publié le par Serpula

Encore.

Encore et encore. Le travail reprend. Ce matin, sept heures, et en avant.

L'hôpital, le service, les  premiers soignants croisés et les premiers bonjours échangés; mon bureau.

Tout y est. Les papiers, les dossiers.

Le ventre est pincé, l'esprit embrumé.

L'impression que ma vie s'interrompt. J'ai la trouille de ne plus trouver le temps de rêver, créer.

Autre chose commence, comme à chaque fois. Il faut  s'immerger, se conditionner, pour écarter ce qui pourrait venir brouiller.

Reprendre les projets, suivre les pathologies des malades ....

Reprendre le travail est pour moi arriver sur une île, avec sa vie, ses coutumes.

De plus en plus la sensation d'arriver où je suis étranger.

Il faut se déshabiller et revêtir un habit de compétence autre.

De là, j'entends les appels malades. La pendule en face de moi indique huit heures  quinze.

J'ai déjà trouvé le poème de demain. Ce sera de la joie.

Que de "il faut". Falloir indique la nécessité contraignante mais en rien la spontanéité. Falloir c'est la raison, le calcul... Il faut aller au travail.

Tiens,hier nous nous sommes promenés dans un petit festival sur la BD à Fécamp.
Rien de prétentieux. Quelques tentes, quelques animations bon enfant. Mais surtout la joie, la passion sur le visage des dessinateurs ... Pas de falloir entre eux et le dessin. Une spontanéité évidente. Pas de nécessité ni contrainte perçue. Une "naturalité" à faire ...

Allez, je sais, c'est comme cela chaque fois. Dans une heure je serai ravi.

Oui, le plus difficile est le saut d'un îlot de compétence, vers un autre. (Cf E.MORIN)

Le saut indispensable et obligatoire.

Pourquoi ne pas concilier art, poésie, écriture et médecine pendant le même temps ?
J'y ai pensé, mais ces deux mondes sont aujourd'hui si éloignés, qu'il faudrait faire des sauts toute la journée.

Bon je vais essayer à nouveau. 

Allez, à plus tard pour cette première journée comptée.

 

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Publié dans Notre vie

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