Décriptage

Publié le par 0075


Il est très clairement évident maintenant que ce qui pose problème n'est plus la possibilité de dire, mais l'unité globale du " dire " humain.

Déjà PLATON évoquait la problématique en disant qu'une des grandes taches humaines est de mettre en accord notre dire et notre pensée. Surtout à l'époque ou les sophistes étaient prisés.

De nos jours tous le monde s'exprime..... mais qu'elles sont les sens d'expression ???? quel sens pour chaque mot ? Chacun y met son sens. Telle est la difficulté.

Certains vont rechercher un sens poétique, philosophique, lyrique, divin etc ... Mille façons de donner sens aux mots. Le mot sera vide, ou résonnera de manière différente suivant notre expérience, notre savoir.  Suivant,  pour suivre Edgar MORIN, de quel îlot  de compétence on est en affinité, en amitié oserais je dire.

Intiment liée au sens, la posture et la forme de la phrase dans laquelle se trouve le mot. Cette forme va aussi participer au sens et souvent plus qu'on ne le croit.

L'orthographe peut modifier le sens. Par l'erreur, mais aussi par la blessure des yeux de celui qui lit. Certain vont être heurté d'emblée par les fautes, ne trouvant par ce fait que peu de sens. La question de l'intérêt du lecteur est soulevé ici en aparté. S'il n'y a  pas d'intérêt, il n'y aura pas de recherche de sens.


Le sens est aussi intimement lié à la forme grammaticale, mais aussi la prosodie du discours.

Prenons un exemple.
Si j'écris " passion " .....

Quel sens accorder ? Faut-il suivre la définition du dictionnaire ? Mais quel dictionnaire ?
généraliste, philosophique, poétique, mathématique ????

De quel savoir vient on ? La passion du poète est elle la même que celle du physicien ? Si l'on pas de formation particulière, alors viendra s'appliquer l'expérience, le vécu de la personne. Tout aussi valable que les savoirs, puisque l'expérience est un savoir.

Plus inquiétant encore, sont les différences parmi les êtres venant des mêmes îlots de compétences. Ce n'est pas que je sois pour une uniformisation de la pensée, mais on pourrait s'attendre au fait qu'il y ai un socle commun : une communauté de sens. En neuropsychologie on parlerait de mêmes liens sémantiques.

On est surpris de voir que pour un médecin (domaine que je connais le mieux) on va retrouver des sens d'une divergence majeure. Certain appelle cela les écoles.....

Et oui comme dit RICOEUR ce qui pose problème est l'unité du parler humain.

Des qu'un mot est lu, se met en marche la machine interprétative. Celle qui va donner sens à ce terme, une herméneutique perpétuelle.
Tous ce qui vient d'être dis participe et au final un sens par mot et de plus en plus un sens par personne.



 
Alors comment faire ?
Certain vous dirons : la pensée unique. Oui, c'est une solution. Un mot, un sens ou deux puis stop.

Je ne choisi pas cette voie.
Et comme à mon habitude je vais chercher du coté de l'altérité, de l'autre ... en face, en nous.

Je m'explique.
Certes, il y a la complexité liée aux savoirs qui se sont complexifiés. Mais il y a aussi à prendre en compte l'être qui lit et qui interprète. Cet être ne peut être gommé car de lui à nous va venir la solution.

Recherchons, tel est notre devoir d'humanité
(et là je partage LEVINAS), le sens suivant la compétence de l'autre, mais aussi suivant la nécessité de l'autre à dire. Dire pour un paraître ou dire pour son être déposé, peu importe.

Ne pas négliger notre sensualité verbale qui doit aussi apparaître.

Ainsi on peut espérer entrer en communion avec autrui
dans le dialogue, car autrui prend place dans l'interprétation que l'on fait de son dire.

Complexe ????

Allez je tente encore l'exemple.

Répondre à un poète qui parle de grâce ou de blessure ?
Comment comprendre et répondre à son dire ? Bien sure on ne demande pas à chacun d'être poète. Mais on demande au moins de tenter la poésie.

Ridicule ... non, prétentieux, non, mais humain. C'est souvent mal perçu, car vécu comme compétition, comme arrogance, comme coup de griffe, comme réponse impropre.

Mais au delà de répondre l'enjeu et ici l'autre : tendre la main pour dire de là ou je suis j'essaye de te suivre, de t'accrocher ... en un mot de t'aimer comme moi même.
Je suis non formé au technique poétique, mais tant pis je me lance et fais un pas vers toi.
A toi de faire un pas vers moi en parlant mon langage. Et à force de tâtonner, la volonté d'altérité fera que l'on pourra espérer un sens partagé ou non, mais un même et autre sens mêlé.

Dans le dire, comme dans des tas d'autres activités humaines ce qui compte c'est le lien entre toi et moi. Le reste ....bof.

Immergé dans une époque bien solitaire ou l'autre a disparu emportant la corde pour nous relier, trop de messages sont envoyés aux oubliettes.
Frustration, voir castration (bien que je ne sois pas très freudien) telle est l'aventure qui restera de notre époque.

L'individualité, l'unité, la peur. A oui, la peur, que dis je, les peurs, qui nous habitent et qui nous brident. L'autre à l'horizon et par peur, peur de tenter un pas, au prix d'un certain ridicule,.... peur oui, mais c'est l'autre que l'on risque de perdre.

La fierté et les surinfaltions des égos qui ne s'abandonneront pas par peur du ridicule au risque de nous perdre.

Mais sans risque c'est déjà perdu ....

La peur de ne pas décevoir, la peur de prendre un risque et de perdre le lien .... oui dire cela peut aussi signifier perdre l'autre.
Ceci est un drame, toujours. Alors il faut dépasser cela et se risquer (" se " pour remplacer soi, un ego).
Et plus clair, risquer moi, mon moi propre, le mettre en danger, en déséquilibre, en lâchant ce que je dois dire, car je n'aurais plus le choix que de te rejoindre pour retrouver mon équilibre.

" Et si je me trompe? " dira l'anxieux. Tant pis, c'est le prix pour tenter la mutualité.

Comment danser sans confiance. Dans le slow ou les corps se collent sans bouger (ou si peu)... la danse du moindre risque qui nous éloigne l'un de l'autre. Bien enserré sans risque. Ce que l'on tient dans ses bras et bel et bien soit.

Tango, rock... là oui, faut être deux, sans mensonge. Il faut oser pour ne pas perdre l'autre dans une chute effrénée et dangereuse.

La danse... pourquoi ???  car dire est une danse.


Nous sommes en devoir d'aller vers l'autre, par contre la réussite n'est pas une obligation. L'échec reflétera nos différences trop différentes, nos impossibilités parfois momentanées. Tant pis, le pas aura été fait et le lien établie et cela même dans l'enfer des échanges virulents.

Qui sait....un jour le vent nous ramenera vers ce port, ton port.



A décidément l'autre est bien compliqué surtout quand on décidé de lui parler....


Alors pour me répéter autrement :
l'important ce n'est pas ce que tu vas dire,
ce n'est pas ce que je vais dire ....
mais se que l'on va partager de nous.



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Publié dans Choses à dire

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J
Dan,coucou, je suis là ! Je voulais tout simplement dire que chaque mot ,  parfois, peut être interprété différemment et se méprendre sur le sens de ceux-ci. Tous les opinions sur le sujet de mon article du jour sont très intéréssants et enrichissants. Cela prouve que parfois, nous pouvons arrivés à nous comprendre sans se connaître.<br /> Je te remercie pour ce lien, et ses écrits.
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W
Wouah wouahhhwouahhhhhhhhhh Quel régal ..J'en retiens ceci ! l'important ce n'est pas ce que tu vas dire, ce n'est pas ce que je vais dire .... mais se que l'on va partager de nous. je lis ......@++++
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