La maison et les quatre coins du monde
Dans le salon tas d'objets ici et là.
Pas savoir où ranger pas savoir où poser
Dans le salon une odeur de vieille cave humide
Le bruit du buveur d'eau et le courant d'air que l'on s'empresse de faire
Des rouleaux de laine de roche, des plaques de plâtre à moitié posées
La petite table où l'ordinateur j'ai rangé
L'ordinateur comme une fenêtre sur le monde
L'ordinateur pour chaque jour vous rencontrer
Le monde souffre aux quatre coins
Vomit son insouciance, sa violence,
Au journal télévisé, des atrocités
Dans le rue des personnes rejetées
Dans les étages, le vide.
Quelques paquets par ci et là
Le vide d'une maison qui piaffe d'impatience
Impatience d'accueillir les nouveaux habitants
Le monde souffre aux quatre coins
Les guerres se déchaînent
Les religions s'étripent
Les déchets de toutes natures vont nous ensevelir
Et un jour, vu du haut, on se demandera si un déchet nous ne sommes
Le vide a envahi la maison
Le temps s'est arrêté : au rez de chaussée, au premier, dans les combles ?
Plus de rires, de pleurs.
Que du silence.
Là, seul face à mon écran d'ordinateur, rien.
Ou plutôt vous qui allez peut être lire cela.
Anonymat des vous qui êtes derrière vos écrans.
Tiens, une voiture qui passe
Passe comme le reste, passe seulement
Le monde souffre aux quatre coins
Les enfants martyrisés
Les femmes battues
Les ventres affamés
L'escalier monte et descend
D'une belle balustre est bardé
Le bruit du pas absent
Au coeur de la batisse
Plus personne ne se hisse
Aux quatre coins du monde ma maison s'est endormie
Aux quatre coins du monde, mes rêves ont voltigé
Aux quatre coins du monde le silence est venu taire la vie
Notre maison n'est pas un coin du monde
Elle est un coin de nous
Un coin pour nous
Loin des tourments
Loin des horreurs
Un coin comme quand on est petit, pour aller se protéger
Le coin qui attend de nous que tout recommence
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