LIVRE EN VRAC : part 1 (3)

Publié le par Serpula

En vrac
 

En vrac la vie est arrivée. Dans le chemin l’enfant est né.

Il est arrivé là, au milieu d’un monde.

Si étrange beaucoup d’entre eux se ressemblent dans les grandes villes, dans les cités, ou

peut être la guerre est déclarée.

 

Histoire presque hideuse, en vrac livrée

Mille questions à la clé

L’enfant ne sait plus.

 
Peut-il savoir ?
 

En vrac à vous de lire, de nous lire

enfants du nouveau monde.

 
 
Page 1
 

Il est arrivé jadis, évènement joyeux
La religion n'est pas la même
Père catholique, mère musulman
Et pourtant ceux la se sont réunis

Qui doit prier celui qui vient de naître ?

 
 

Tout petit, deux ans à peine,
Il se tient prêt de sa mère
Debout, elle prépare le repas
Quand sa tante arriva, par la fenêtre l'enfant l’a vu

Il est radieux et de ce bonheur se rappelle
 

Tout au fond de sa mémoire
Du plus lointain, c'est le premier souvenir

Du plus loin la prière il ne souci pas.

L’enfant ne sait et ne saisi pas.

Petit sa mère l'a choyé
Mille cadeaux elle a donné
Son amour en premier

Et les ptits sou pour le pic sou

Petit, son père l'a violenté
Martinet, gifles et punitions à volonté
De la violence n'a su qu'exprimer

Et pourtant de l’amour il en avait


Qu’est ce que la vie : Aimer ou haïr ?

Enfant durant un mois
Enfermé il est resté
Car une voisine, un soir d'été à la porte est venue frapper
Pour dire qu'il jouait à sonner à chaque appartement, toute la journée

Sûr ce n'était pas vrai, et la voisine il n'a plus aimé ....

Pour la première fois l’injustice a vécu, la vraie, l’injustice du mensonge.

L’enfant ne sait et ne saisi pas.


Page 2

Chez lui, tard le soir, son père rentrait
Au bistrot il était, et l'alcool il empestait
Sa mère, le repas avait fait
Mais souvent dans la figure elle le prenait

En silence l’enfant se cachait
Peur d'être mêlé
A cette sordide soirée
Peur de prendre un coup non mérité

Qu'est ce qu'un couple ? De l'alcool vomit sur une bonté terrorisée ?

  Le dimanche ils sortaient le tourne disque
Quelques chansons romantiques
Quelques mots de tendresses
Mais le visage du père toujours crispé

Plusieurs fois pour un mot de trop dans sa chambre il a terminé la journée.
   L’enfant ne sait et ne saisi pas

L’odeur de l’alcool et du tabac
Pastis, vinasse et beaucoup de clops
 
Dans les vapeurs au jour le jour
L’anis avait sa place, avait son tour
Comme une promesse, comme une prière
Au coin d’la table, restait bien là
 
Mots égarés, promesses bidons
Voix déraillées, pas défaillants,
Les murs bien droits prêt à aider
Comme des fidèles
Toujours à la couche conduisaient.
 
Où se tient la vie ? Dans la chimie des drogues absorbées ou dans la consistance des réalités affichées ?
 
Toutes les semaines l’enfant faisait les courses avec son père
Rayon après rayon toujours la même danse
Achat réglé, sans un mot dire
Quelques soupires
Enfant joyeux, car lui toujours dans le caddy déposait.
Sauf les bouteilles de vin : sept
Il en faut une par jour
Et la bouteille de pastis.
Le père regardait le prix car cela était cher
Tergiversait, mais tant pis,
Bouteille de pastis toujours posée dans le caddy.

L’enfant ne sait et ne saisi pas.

 
 
Les machines, la chaîne, le cambouis et la sueur
Le petit appartement, et les trois huit
Parfois le matin, parfois la nuit,
Le pire l’après midi
 
Les dettes, les traites, et les envies
La paye versée, et la voila fumé
Le petit apart en location, tour bidon
Au douzième perché, le lino décollé
 
Chambre refaite de tapisserie bas prix
L’enfant joyeux, sa chambre à lui
Au petit matin un rayon de cuisine éclairée
Sous la porte de sa chambre se cachait
Le père se préparait pour le cambouis et la sueur
 
Pour les dettes, les traites, et le reste
Une vie rythmée par l’ivresse, l’usine
La violence, les caresses oubliées
Et les soupes de pois cassés.
 

Vie défilée au rythme de l’ouvrier. Au-delà, les cantates des vies de lettrées : tranquillité pas fatigué. Salaire bien assuré et achat à volonté. L’enfant ne sait pas choisir car ici le choix n’est pas entre sueur et concept, mais entre amour de celui qui le violente, et l’étrangeté d’un autre si doux et prometteur..

 
 Page 3

Sa mère il a vu se déhancher
Tout droit, elle ne pouvait marcher
La juste lourdeur du pied qui se soulève
A droite, puis à gauche
 
Chaque pied comme une tonne
Tonne après tonne elle avançait
Le buste redressé pour ne pas tomber
La tête droite telle une statut
 
L’enfant se souvient de cette mère érigée
Après mille effort pour se relever
Des centaines de pas dans l’appartement déroulés
La maladie la grignotait
 

Qu’est ce qu’une mère qui ne peut marcher ? Une mère différente aux yeux de l’enfant révolté. Pourquoi la maladie a frappé celle qui l’a tant choyé ?

Est-ce que l’amour ne s’exprime que dans cette différence imposée d’une maladie infligée ?

 
Il devenait dix ans.
L’enfant était ravi
Sa mère, les copains lui demandaient de le fêter à la maison
Mais l’enfant, la mère malade, la démarche étrange
La peur des questions
La peur des explications
L’invitation déclina
Et l’anniversaire refusa

L’enfant ne sait et ne saisi pas.

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Publié dans Mes proses

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L
je dirais que l'ENFANT sait et se saisit de la cause.
Répondre
S
Certe il se doute au moins, mais que peut il faire de la cause ?