Aide soignant
| Hommage à une profession |

Quelques mots, quelques notes et une courbe de mon corps pour me pencher devant ces travailleurs de l'ombre,
ces travailleurs en blouses blanches.
Les aides soignantes de gériatrie.
Je les vois jour après jour, qui inlassablement recommencent et recommencent le métier.

Elles ou ils sont là, tous les matins, après midi ou nuit, là présentes.
Travailleurs de l'ombre, je vous vois, je vous observe.

Elles ou ils sont là, tous les matins, après midi ou nuit, là présentes.
Travailleurs de l'ombre, je vous vois, je vous observe.
Pas toujours remerciées, parfois rejetées, parfois cognées.
Qui veut s'y coller ?
Mon corps se plie bien bas avec sincérité.
Proche du corps de l'autre, jamais aussi proche. Corps souvent délabrés, corps en chantier.
Elles ou ils sont là, et sans mot dire, à pas de loup entrent dans l'intimité de ces peaux arrachées, disloquées. Dans l'intimité des sueurs transpirées, dans l'intimité du temps des uns et des autres écoulé.
Sans mot dire, elles trouvent les mots pour vaincre la pudeur, la nudité dévoilée.
Le gant qui passe et repasse depuis des années, plein de savon, plein de sent bon. Eau de cologne. Geste souple, mais en même temps geste de douceur, de fraicheur sur ces peaux asséchées.
Elles ou ils sont là, et sans mot dire, à pas de loup entrent dans l'intimité de ces peaux arrachées, disloquées. Dans l'intimité des sueurs transpirées, dans l'intimité du temps des uns et des autres écoulé.
Sans mot dire, elles trouvent les mots pour vaincre la pudeur, la nudité dévoilée.
Le gant qui passe et repasse depuis des années, plein de savon, plein de sent bon. Eau de cologne. Geste souple, mais en même temps geste de douceur, de fraicheur sur ces peaux asséchées.
Pas toujours remerciées, parfois rejetées, parfois cognées.
Qui veut s'y coller ?
Mon corps se plie bien bas avec sincérité.
Proche de la bouche de l'autre. Cette bouche qui ne s'ouvre pas toujours, qui se refuse à toute intrusion. Bouche qui crache, ou qui se tend comme un espoir, comme un songe.
Proche de cette bouche salie, et qui ne fait pas envie et qui pourtant jadis offrait des baisers, goutait tous les mets.
Elles et ils sont là pour assumer repas, donner parfois les traitements. Soins pour une bouche enviable, comme une rose posée sur un visage jauni par le temps.
Proche de cette bouche salie, et qui ne fait pas envie et qui pourtant jadis offrait des baisers, goutait tous les mets.
Elles et ils sont là pour assumer repas, donner parfois les traitements. Soins pour une bouche enviable, comme une rose posée sur un visage jauni par le temps.
Pas toujours remerciées, parfois rejetées, parfois cognées.
Qui veut s'y coller ?
Mon corps se plie bien bas avec sincérité.
Proche du corps de l'autre, jamais aussi proche. Corps sans force, gestes oubliés, dos vouté, jambes rétractées. Corps baldingué, corps qui crie souvent sa douleur. Douleurs qui résonnent et vibrent comme un poème insupportable dans les chambres fermées. Enfermés ensemble malade et soignant pour une tache à accomplir.
Le coeur secoué, il faut continuer, il faut avancer.
Le coeur secoué, il faut continuer, il faut avancer.
Pas toujours remerciées, parfois rejetées, parfois cognées.
Qui veut s'y coller ?
Mon corps se plie bien bas avec sincérité.
Souvent appelées, sonnette comme une bouée, elles ou ils arrivent. Parfois grave, parfois prétexte d'une couverture mal pliée pour un peu de présence demandée en secret.
Frustration d'un moment refusé ... pas le temps car elles ou ils prennent le café pense-t-on. Quel cliché dépassé. Cliché de l'horreur, de l'injustice.

Frustration d'un moment refusé ... pas le temps car elles ou ils prennent le café pense-t-on. Quel cliché dépassé. Cliché de l'horreur, de l'injustice.
Mon corps n'a pu bouger, et tu es arrivé
Ma main ne s'est pas levée,et tu es arrivé
Mon esprit s'est perdu et tu m'as raccompagné
Mon bassin s'est souillé et tu es arrivé
Je n'ai osé dire et tu as dit

Ma main ne s'est pas levée,et tu es arrivé
Mon esprit s'est perdu et tu m'as raccompagné
Mon bassin s'est souillé et tu es arrivé
Je n'ai osé dire et tu as dit
Pas toujours remerciées, parfois rejetées, parfois cognées.
Qui veut s'y coller ?
Mon corps se plie bien bas avec sincérité.
Mémoire égarée, manières oubliées, attitude déplacée, je t'ai abordé. Agressivité, méchanceté, souvenirs mélangés, tendresse à offrir... je ne sais.
Ton geste m'a touché, m'a heurté, et mon moi a eu mal. Moi le professionnel du soin.
Ta vieillesse aigrie, et tu ne sais plus comment exploser. En proximité c'est toi que je vais d'abord toucher et violenter.
Ton geste m'a touché, m'a heurté, et mon moi a eu mal. Moi le professionnel du soin.
Ta vieillesse aigrie, et tu ne sais plus comment exploser. En proximité c'est toi que je vais d'abord toucher et violenter.
![]() "Vous êtes des professionnels du soin. L'agressivité, les toilettes, c'est votre métier. Il faut être professionnel. Avoir les gestes doux, réveiller les gens en douceur. La toilette est un moment privilégié, où l'on doit respecter l'autre, son intimité, lui procurer du plaisir. Soyez serein devant des troubles du comportement, il y a sûrement une cause, des solutions ..." A dit le penseux...... |
Jour après jour tout recommence. Le corps, l'esprit, l'âme, la douleur de l'autre en corps à corps.
Bien sûr ces règles elles les connaissent. Mais dans la vraie vie. Pas si simple la besogne.
Bien sûr ces règles elles les connaissent. Mais dans la vraie vie. Pas si simple la besogne.
Pas toujours remerciées, parfois rejetées, parfois cognées.
Qui veut s'y coller ?
Mon corps se plie bien bas avec sincérité.
Parfois énervés, maladroites .. Qui ne l'est pas ?
Mais observez bien.

Combien de tendresse affichée ?
Combien d'amour donné ?
Combien de gestes de tendresse ?
Combien ????
Mais observez bien.

Combien de tendresse affichée ?
Combien d'amour donné ?
Combien de gestes de tendresse ?
Combien ????
Je n'écris pas cela pour faire plaisir, mais pour attirer l'attention sur une profession sans laquelle l'hôpital et plus généralement la santé serait impossible. J'écris en sachant que sûrement mille choses pourraient être améliorées. J'écris en ne leur donnant pas une bénédiction absolue. J'écris pour dire qu'elles vivent une proximité éperdue, que nous perdons et qui est rendue parfois dans des douleurs incomprises. J'écris avec sincérité. Sûr, il y a d'autres professions capitales... mais aujourd'hui ce sont les aides soignantes. C'est à eux, elles et ils, ..... que je rends hommage. |

Continuez votre chemin
Parfois bien rude.
Merci
Parfois bien rude.
Merci
Dan
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